Le dirigeable au secours des confinés

2 mai 2020 Non Par Nancy

Alors que le confinement semble être le seul moyen de contenir le développement du coronavirus, force est de constater que tout le monde n’est pas égal devant ce confinement. Les habitants qui ont la chance d’être connectés à l’Internet à haut débit ont accès à des films, des livres, des spectacles, de l’enseignement, du télétravail, de l’achat à distance, etc… Ils ne vivent pas normalement, certes, mais ils restent ouverts sur le Monde.

Derrière cette communication, même quand elle a l’air sans fil, il y a une infrastructure invisible du grand public : la fibre optique. Ce petit fil de verre très spécial qui ressemble à un fil de nylon transporte des millions de conversations téléphoniques des dizaines de milliers de films. Dans certains pays, il arrive à domicile, dans d’autres, il s’arrête à la station de base du téléphone mobile offrant en 3G ou 4G une multitude de services dont les serveurs peuvent être à l’autre bout du monde. Ceci est possible en particulier parce que des navires câbliers ont déposé des centaines de câbles optiques à travers les océans et le long des côtes.

Dans les zones désertiques, il y a pour l’instant le téléphone satellite, mais les débits sont très faibles car les satellites géostationnaires sont très loin et les téléphones doivent être puissants. 

Le dernier projet de satellites à basse altitude One Web qui devait permettre de diminuer cette puissance en plaçant 650 satellites sur des orbites à 1200km d’altitude au lieu des 36000 km l’orbite géostationnaire, vient de déposer le bilan.

Des projets encore plus audacieux comme celui d’Elon Musk, Starlink, qui prévoit de placer 12000 satellites à 340km d’altitude commencent à inquiéter sérieusement, à cause des risques de collision, de chute ou simplement de pollution lumineuse. Les budgets d’investissement sont colossaux.

Et pourquoi pas la fibre optique pour les zones désertiques ?

Son déploiement offrirait une capacité de transmission infiniment plus grande et cela avec une grande fiabilité.

Nous proposons de déposer une fibre par dirigeable, comme cela se fait dans les océans  avec les navires câbliers. En une journée, on pourrait déposer une fibre de 200km et la laisser reposer sur le sol. Naturellement, le désert n’est pas totalement désert, il y a des routes et des pistes. Il suffit d’envoyer des équipes là où la fibre traverse une route ou coupe une piste pour l’enterrer localement ou pour la faire passer au-dessus de la route sur des poteaux. Naturellement la fibre est vulnérable, mais facilement réparable. Il n’est pas cher d’en poser une autre. En outre elle va progressivement être recouverte de sable, de poussière, de neige. 

Et c’est un équipement qui ne risque pas de nous tomber sur la tête. Le risque financier est infiniment plus faible.

Alain Bernard est un des pionniers de la Télématique, il a notamment été à l’origine du premier réseau urbain de fibres optiques installé à Biarritz et inauguré en 1984. Il a fondé Prosodie et depuis 2000, il développe des dirigeables.