L’hydrogène naturel peut-il être une source d’énergie intéressante ?

L’hydrogène naturel peut-il être une source d’énergie intéressante ?

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L’hydrogène est, en théorie, l’élément chimique le plus abondant dans l’Univers et même sur Terre. Malheureusement, il est très réactif, en particulier avec l’oxygène et le carbone, éléments avec lesquels il donne en particulier, de l’eau et des hydrocarbures.  Il est en outre très volatil car léger et constitué d’une toute petite molécule. Donc, soit il se combine, soit il s’échappe pour aller se combiner plus loin. On ne le trouve donc que très rarement dans la nature. Son gros avantage est que , si on le combine avec l’oxygène de l’air il ne produit que de l’eau ; Par contre, quand il est déjà associé au carbone dans un hydrocarbure, il conduit à la production de gaz carbonique qui est un gaz à effet de serre, ce qui entraîne un réchauffement  de l’atmosphère. 

On remarquera que la vapeur d’eau associée à l’eau est aussi un gaz dont l’effet de serre est même plus important que celui du gaz carbonique, mais comme cette vapeur se condense sous forme d’eau, à température ambiante, elle ne reste pas dans l’atmosphère. 

Pour le commun des mortels, un nuage, une fumée de locomotive, ou de fer à repasser ou même une traînée d’avion à réaction sont de la vapeur d’eau, alors que, ce sont des gouttelettes d’eau, voire des cristaux de glace, dans le cas d’un avion, qui sont en suspension dans l’air et qui donc tombent au sol au bout d’un certain temps. La vapeur d’eau est un gaz inodore et invisible dans la bande passante de l’œil humain. On pourrait aussi condenser le gaz carbonique pour l’éliminer de l’atmosphère, mais il faudrait que celle-ci descende à -78°C. c’est alors l’homme qui ne pourrait pas vivre à cette température.

Ceci pour expliquer l’intérêt écologique de l’hydrogène par rapport au pétrole et la raison pour laquelle on s’y intéresse aujourd’hui malgré tous ses autres inconvénients : Dangerosité et difficulté de stockage. Donc il faut produire de l’hydrogène à partir de ses formes combinées que sont principalement l’eau et les hydrocarbures. Le cracking des hydrocarbures produit du gaz carbonique et l’électrolyse nécessite de l’énergie, environ 55kWh pour produire un kilo d’hydrogène qui ne contient que 33kWh d’énergie.

Le pétrole ne contient que 11,2kWh d’énergie par kg, mais il suffit de le ramasser (enfin presque).

Or il se trouve que l’on trouve quand même un peu d’hydrogène naturel qui jaillit du sol ou est stocké dans des situations géologiques particulières. Il est donc assez tentant d’aller le capter pour économiser les 55kWh par kg d’énergie nécessaires à l’électrolyse, énergie qu’il faudra bien produire avec une méthode qui ne dégage pas de gaz carbonique. Pour le moment, on ne connaît que les éoliennes, le solaire ou le nucléaire.

Mais cet hydrogène naturel n’est il pas ce que l’on appelle une énergie « fossile », c’est-à-dire une ressource qui n’est pas infinie et qui va donc s’épuiser au bout d’un certain temps ? La réponse est évidemment oui. Et là on commence à se poser des questions désagréables : « Durable…. Vous avez dit durable…Comme c’est vague. » 

Question d’une petite fille ayant récemment appris à l’école que le soleil doit s’éteindre dans 4,5 milliards d’années : « Pourquoi les gens achètent-t-ils leur appartement ? »  Je nous pose la question, à nous adultes : Quand estimons-nous raisonnable que la civilisation humaine disparaisse ? »

Passé l’âge de raison, nous nous faisons à l’idée que notre vie ne sera pas éternelle et qu’il est dans la nature des choses de mourir à partir de 80 ans, mais qu’il faut faire ce que l’on peut pour ne pas mourir avant.  Si on considère que l’humanité existe depuis 100 000 ans et que l’on rapporte cela à l’échelle de l’univers qui existerait depuis le Big Bang, il y a 15 milliards d’années et dont on estime qu’il devrait disparaître dans 15 milliard d’années, on peut être tenté de dessiner une frise du temps sur le mur d’une grande pièce ronde de 10m de diamètre à  raison d’un mètre par milliards d’années. On constate alors que ces 100 000 ans représentent une crotte de mouche d’un dixième de millimètre sur le mur, les dinosaures s’étant éteints 6, 5cm avant.

Maintenant, il faut faire preuve de lucidité et de courage, nous espérons quoi ? Une deuxième crotte de mouche ? A mon avis, 100 000 ans c’est déjà très ambitieux. Donc un jour, il va falloir sortir du vague et prendre conscience que nous voyageons sur un caillou interplanétaire dont l’intérieur se refroidit lentement. Il va falloir faire ce que nous reprochons de faire à certains industriels : de l’obsolescence programmée ; qu’ils appellent l’analyse de la valeur, ou ce que font nos médecins, c’est-à-dire que tout casse à peu près au même moment. Cela ne sert à rien d’avoir ménagé mon cœur ou mes articulations si mon cerveau est devenu une éponge ni d’être parfaitement conscient si je ne peux plus bouger mes muscles.

Faut il suivre Samuel Furfari qui, dans son livre «  L’utopie hydrogène » a l’air de trouver que 4 siècles de réserves de gaz naturel cela constitue un horizon lointain ? Je pense que, pour nos enfants, on peut viser un peu plus loin. Je ne vais pas répondre à la place de l’éminent docteur Isabelle Moretti à la question qu’elle pose dans son papier de connaissance des énergies : L’hydrogène naturel est il une curiosité géologique ou une source d’énergie majeure dans le futur ?

Je constate simplement qu’une start-up basée à Metz, 45-8 energy s’est lancée sur ce créneau (458energy.com).

Isabelle Moretti explique que certaines énergies fossiles se renouvellent tout de même au sein des profondeurs de notre caillou. Il semble que ce soit le cas de l’hydrogène naturel, mais aussi des hydrocarbures.

Alain Bernard inspiré par l’article d’Isabelle Moretti. 

Isabelle Moretti est une ancienne directrice scientifique d’Engie, membre de l’académie des Technologies et chercheur à l’université de Pau et des pays de l’Adour et à la Sorbonne.