Et si le désert était la nouvelle frontière du développement durable?

Vous pouvez écouter ce texte ici.

Les rêves sont le propre de l’être humain. Les exploits salués de Perseverance et de ses acolytes permettent déjà de rêver à commencer la construction de villes pouvant accueillir à terme un million d’habitants sur Mars. Et si le futur des terriens se trouvait sur notre bonne vieille planète, dans l’exploitation des terres jusqu’à présent jugées inhospitalières ? Et si l’on rêvait un futur où tous pourraient trouver leur place sans avoir à entreprendre un voyage spatial de six mois dans des conditions accessibles seulement à des happy few ?

C’est le rêve, osons le mot, l’utopie, que nous voudrions proposer sur « rendre le désert habitable ». Notre planète regorge de zones inhabitées. L’expansion démographique prévue d’ici la fin du siècle donne le tournis. Les prévisions des bouleversements entraînés par le réchauffement climatique pesant sur le peuplement des zones côtières, les problèmes liés au développement de mégalopoles sur les cinq continents avec les questions écologiques, économiques, sociales et politiques que ceux-ci entraînent rendent plus actuelles que jamais les interrogations sur le caractère habitable de notre planète et les façons d’accueillir cet accroissement de population.

Nous avons voulu cet espace, ce site, comme un lieu d’échange, de croisements, de propositions, de rencontres, de projets les plus imaginatifs. Une agora où imaginer, proposer, rêver, écouter, raisonner et argumenter. Notre philosophie est celle du partage critique et bienveillant.

« Rendre le désert habitable » nous direz-vous, mais quel type de désert ? et que veut dire habiter ? L’histoire ne manque pas de construction de cités dans des zones inhabitées qui peuvent agir comme des aimants ou des repoussoirs. Quel(s) modèle(s) : Tombouctou ? Las Vegas ? Dubaï ? Masdar ? Dans une vision écologique et durable, faudrait-il prôner un modèle proche de celui des Amish débarquant dans les plaines de ce qui allait devenir la Pennsylvanie ?

« La question qui est posée par l’habiter n’est pas seulement sociologique, ou écologique, ou technique. Elle embrasse tout en même temps. »


André Sauvage. Raisons d’habiter Pour une modélisation anthropologique

Dans l’équipe de « rendre le désert habitable », nous ne sommes pas d’accord sur un modèle unique à concevoir ou développer. Nos désaccords prennent naissance dans nos histoires personnelles, nos éducations, nos trajectoires professionnelles, nos penchants philosophiques. Mais ce qui nous lie, c’est que nous trouvons cette idée intéressante, stimulante, et que nous voudrions la pousser un peu plus loin.

Ce qui nous lie aussi, c’est un biais technologique avoué. Puisqu’on développe toutes ces techniques dans des programmes coûteux aux résultats forcément hasardeux, n’y aurait-il pas des techniques à recycler ici-bas pour rendre plus habitables certains espaces de notre bonne vieille planète ? Autrement formulé : et si les ingénieuses trouvailles des grands esprits mobilisés sur les problèmes intellectuellement séduisants de la colonisation de Mars pouvaient être reconverties ou traduites pour faciliter ou sécuriser la vie des habitants des zones désertiques de notre planète ?

Et si les derniers développements de l’agronomie permettaient de créer des îlots de production locale plutôt que de devoir faire acheminer par des moyens coûteux et polluants des denrées produites à grands frais dans des endroits éloignés ?

On se gargarise des « smart-cities », des « smart oasis » auraient-elles un sens ? Si oui, quel(s) en seraient le(s) modèle(s) ? Si nous laissons le futur pour le passé, quels ont été les expériences qui pourraient nous inspirer ?

Comme vous le voyez, dès qu’on ouvre la boîte des possibles, les interrogations affluent, et ce sont celles que nous voudrions commencer à aborder dans ce site hybride qui est à construire dans une démarche qui pourrait s’apparenter à un questionnement « open source » !

Alors, on vous embarque ?

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