Utopia 2050… Bienvenue à Sunuvilla!

par | Jan 26, 2022 | Fiction, Innovation, Interview | 0 commentaires

Découvrez la vie en oasis!

Une vie saine et sobre, un environnement préservé et économe des ressources naturelles, que demander de plus ? Loin des mégapoles du vingtième siècle, venez mener une vie sans souci, dans un cadre à la fois millénaire et futuriste. Les réseaux d’oasis Sunuvilla puisent leur inspiration dans les architectures et les modes de vie des oasis anciennes tout en utilisant les technologies de pointe pour vous apporter un confort et un style de vie recherchés dans un environnement exceptionnel et préservé.

Epargner les ressources en eau, utiliser les énergies solaires et éoliennes, jouer sur l’architecture, encourager des cultures locales, utiliser des transports durables comme le dirigeable pour minimiser notre bilan carbone. Une sobriété heureuse dans un décor immémorial ! Que vous soyez travailleuse dans le secteur des services, as de la permaculture ou de l’agroforesterie, ou que vous ayez envie de participer au fonctionnement d’une cité pensée pour votre satisfaction et votre confort, contactez-nous pour faire une visite virtuelle et poser toutes vos questions !

Plus qu’un choix d’habitat, un choix de vie !

Vous avez sûrement vu cette publicité pour le réseau d’oasis Sunuvilla lancé par celui que l’on appelle volontiers l’Elon Musk africain : Iman Djibril, alias ID. Notre reporter, Hannah Egboté, est allée à la rencontre des concepteurs de ce nouveau type de forme urbaine.

Rien ne distingue le QG de Djibrill Inc à Diamniadio, des autres bâtiments alentour. La discrétion et la sobriété sont de mise dans cette société créée par celui que la presse internationale a surnommé depuis quelques années : « le prodige africain de la tech ». Parti en 2010 avec une bourse d’études à l’université de Stanford en Californie, Iman Djibril s’y est trouvé comme un poisson dans l’eau et a commencé une carrière d’entrepreneur à succès. Vingt-cinq ans après, sa fortune faite, il est rentré au bercail, avec la volonté de faire avancer les choses. A l’origine d’une fondation sur le développement en accord avec les impératifs environnementaux, il a financé plusieurs projets, dont le plus emblématique est celui du réseau d’oasis Sunuvilla dont on parle beaucoup ces temps-ci.

Je suis accueillie par Awa Diagne, longtemps bras droit d’Iman Djibrill et qui a pris la tête du projet d’Oasis Sunuvilla.

Q : Awa Diagne, merci de nous recevoir, pouvez-vous nous resituer l’origine du projet Sunuvilla ?

Awa Diagne : Il faut revenir au contexte des vingt dernières années. Après une première moitié de la décennie 2020 marquée par la pandémie de Covid19 qui a impacté durablement toute l’économie africaine, la seconde partie a été placée sous le signe des politiques palliatives pour endiguer les effets du réchauffement climatique. Globalement, les Etats n’ont pas réussi à se mettre d’accord, sommet après sommet, pour empêcher la hausse de plus de deux degrés avant la fin des années 20. Et il est arrivé ce qui devait arriver, avec des conséquences plus importantes pour notre continent, qui a connu une croissance démographique très importante après les indépendances, et une urbanisation sans précédent de ses bandes littorales.

Les tentatives des gouvernements qui ont entamé une mue des infrastructures de ces villes pour les rendre plus vivables, se sont retrouvées devant une équation difficile à résoudre : comment continuer à héberger des millions de personnes sur des littoraux soumis à des inondations de plus en plus fréquentes qui les rendaient, à moyen terme, inhabitables ?

Les quartiers de bord de mer, autrefois fort prisés par les populations aisées, ont été laissés à l’abandon, face aux assauts plus insistants des vagues pendant les périodes de grandes marées.  Celles-ci, conjuguées à des épisodes orageux ont provoqué des mini-tsunami. L’avancée de la mer a salinisé les eaux de surface, et rendu la vie dans les anciennes métropoles de plus en plus compliquée. Il fallait imaginer de nouvelles façons de faire ville, de nouvelles formes urbaines.

Q : Ibrahim Djibril est à l’origine un informaticien, il a fait fortune dans la fintech, on ne peut pas dire que cela le prédestinait à travailler sur le sujet des villes ?

Awa Diagne : ID s’est intéressé très tôt au problème de l’urbanisation. Il a été très affecté par la relocalisation de sa famille qui habitait le front de mer à Rufisque. Comme d’autres avant lui[1], ID a voulu imaginer une cité idéale comme on créerait une œuvre d’art. N’étant ni urbaniste ni architecte, il a assemblé une équipe pluridisciplinaire. Il voulait imaginer une nouvelle forme urbaine, en évitant les expériences trop gourmandes en énergie et en eau. Construire une nouvelle Las Vegas ou une nouvelle Dubaï n’a plus de sens au vingt-et-unième siècle.

« Quand on n’a pas de pétrole, on a des idées » disait une publicité des années 70 après le premier choc pétrolier. ID voulait une cité sans pétrole, quasiment autosuffisante, avec un minimum de ravitaillement, et économe en eau. Il a été chercher des scientifiques travaillant sur les expéditions spatiales pour travailler sur l’utilisation d’eau domestique, des agronomes pour les projets d’autosuffisance alimentaire, des architectes-urbanistes, une sociologue et un anthropologue pour réfléchir à la proposition d’habiter. Très vite s’est dégagée l’idée de créer des petites unités, plutôt que des mégapoles, et l’image des oasis, s’est imposée.

Q : Rêver de construire des oasis est certainement intéressant, mais s’est-on posé la question des habitants ? Pour qui sont conçues ces nouvelles oasis ?

Awa Diagne : Les oasis anciennes étaient centrées sur une économie essentiellement agricole, mais elles sont aujourd’hui en déclin. Elles reposaient sur une division du travail bien spécifique qui correspond de moins en moins aux mentalités. Il fallait à la fois maintenir une production agricole pour encourager l’autosuffisance et attirer d’autres activités. Il se trouve que l’événement fondateur des années 2020, la pandémie de Covid19 a été un accélérateur du développement du télétravail. L’homo sapiens peut désormais travailler d’à peu près n’importe où. Cela lève aussi certains obstacles pour l’éducation. Une partie de l’enseignement peut d’effectuer à distance. Les progrès dans l’Edtech permettent à des élèves isolés de suivre des cours de bon niveau. Et avec le métaverse, les enfants peuvent avoir l’impression de participer à une classe très vivante, même en petit comité ! Même chose pour les loisirs culturels, on peut participer à un concert avec des millions de personnes dans le métaverse en restant chez soi. Plus besoin d’habiter une mégapole avec des infrastructures pharaoniques !

Q : Concrètement, qui sont les habitants des premières Oasis Sunuvilla ?

Awa Diagne : Il y a deux types d’habitants. Les premiers ont été recrutés pour faire vivre l’endroit, ce sont les opérateurs et opératrices de maintenance, les chargés d’entretien, de la fourniture et du traitement d’eau, d’électricité (chaque oasis dispose de sa propre centrale combinant solaire et éolien) et, dans une autre mesure les chargés des espaces paysagers et des productions agricoles. Les autres viennent avec leur propre activité, mais ils doivent également s’engager à participer à l’entretien des infrastructures de la ville. Il y a des rotations d’astreinte autour des services de distribution d’eau, d’électricité, etc. Ce qui permet de faire vivre une véritable communauté.

Au début, nous avons essentiellement reçu des demandes de familles qui avaient du mal à se loger décemment avec les tensions sur les marchés immobiliers créés par les conséquences du changement climatique. Puis il y a eu un effet de cooptation, par bouche à oreille. Ce sont des familles qui prennent au sérieux la nécessité de changer radicalement de style de vie et qui apprécient la simplicité de nos villages. Pas d’attraction touristique chez nous, même si nous avons dans chaque oasis une maison pour les hôtes de passage, mais un retour à une vie discrète et proche de la nature. D’ailleurs la frugalité de nos modes de transport, petits avions électriques pour les passagers et navette dirigeable à l’hydrogène pour le fret ne permettent pas de voyage de masse !

Q : J’ai l’impression que vous me vendez la maison témoin, comment savoir ce que pensent réellement les familles récemment installées à Sunuoasis ?

Awa Diagne : Je comprends votre point de vue ! Je vous invite volontiers à prendre un des volocoptères qui effectuent la liaison régulière vers nos oasis pour témoigner de cette expérience unique, et interroger nos habitants. Vous vous rendrez compte par vous même de cette nouvelle réalité !


[1] On pense notamment au chanteur Akon et son projet d’Akon City à la fin des années 2010

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