Cinq questions sur la COP 26

Vous avez sans doute remarqué que vos médias et réseaux sociaux préférés commencent s’agiter sur le thème de la COP 26, laquelle se tient à partir du 31 octobre 2021 à Glasgow, en Ecosse. Tout le monde en parle, mais finalement, nous ne sommes pas totalement sûrs de savoir de quoi il retourne. Nous avons donc décidé de vous proposer cette semaine un résumé en cinq questions de ce que sont les COP, et de ce dont il sera question à Glasgow.

Le dérèglement climatique n’est pas un fantasme agité par les politiques pour effrayer leur électorat. Les études menées par le GIEC, on en a parlé ici, démontrent avec constance depuis vingt ans la nécessité d’agir. La multiplication des évènements climatiques extrêmes chaque année en apporte de nombreuses illustrations tout autour du globe. L’un des instruments de la lutte contre le réchauffement climatique au niveau mondial est cette COP organisée par l’ONU.

Que veut dire COP 26?

En jargon onusien c’est une « conférence de parties prenantes » (conference of parties). Il s’agit ici du panel des parties prenantes de la convention-cadre des nations unies sur le changement climatique (CCNUCC ou UNFCCC en anglais). Les membres se réunissent tous les ans pour un sommet sur le climat et continuent à travailler, et tous les cinq ans, une grande réunion fait le point sur les résultats obtenus et discute des nouveaux engagements, en fonction des réalisations. Ces discussions donnent lieu à un document résumant les engagements, signé ensuite par toutes les parties. Ce document les engage pour les années à venir.

Si vous avez loupé le début, voici un résumé des précédents épisodes :




Quels sont les objectifs de la conférence de Glasgow ?

Ils sont énoncés ici dans un document produit par les organisateurs britanniques. En résumé, il s’agit de forcer la centaine de pays participants à s’engager sur des objectifs ambitieux, compte-tenu des dernières tendances constatées. Il faut garder le cap des 1,5° de réchauffement d’ici 2100, et obtenir une aide plus conséquente pour aider les pays en voie de développement à s’orienter vers des économies décarbonées. Les pays en voie de développement, notamment en Afrique, sont ceux qui souffrent le plus des effets du dérèglement climatique tout en étant le moins émetteurs de gaz à effet de serre (moins de 5% des émissions mondiales de GES, quand les deux plus gros émetteurs en produisent presque 50%).

Comment va se dérouler la conférence ?

En quatre étapes, les trois premières auront lieu entre le 31 octobre et le 12 novembre 2021, la dernière en fonction du bon vouloir des chefs d’état et de leurs impératifs politiques du moment.
1) Les chefs d’Etat se retrouvent et réaffirment leur préoccupation et leur engagement pour la cause
2) Les délégations, souvent menées par les ministres en charge de l’environnement poursuivent les travaux
3) Les ONG et autres parties prenantes participent à des sessions et à des conférences
4) Les chefs d’Etat signent le texte adopté suite à la conférence, cela peut mettre des années d’allers-retours diplomatiques.

Pourquoi viser un réchauffement de 1,5° C à 2°C ?

1,5° à 2° C, c’est l’objectif hérité de la Conférence de Copenhague en 2009. Pourquoi deux degrés ? Cela peut sembler artificiel mais cela donne un étalonnage qui permet de mesurer et de servir de base de discussion et d’action. Sans objectif chiffré, il n’y a pas de mesure possible.

Au-delà de 2°, les scientifiques redoutent que les phénomènes de dérèglement climatique deviennent irréversibles et que les grands puits de carbone que sont les mers et les forêts voient leur rôle se réduire voire s’inverser. Les réactions en chaîne à de nombreux niveaux menaceraient directement la vie d’un certain nombre d’habitants de notre planète (cf les scénarios du dernier rapport du GIEC). Comme le fait remarquer le professeur Taalas, de l’organisation mondiale de météorologie dans le rapport sur 2020, il y a urgence.

Les mesures des dernières années montrent que la décennie 2011-2020 est la plus chaude jamais enregistrée. 2020 est une année record du point de vue de sa température moyenne, et les hausses de CO2 constatées laissent craindre une hausse de 2,7° C d’ici la fin du siècle plutôt que les 1,5°C recommandés à Copenhague.

« La dernière fois qu’il y a eu une concentration comparable de CO2 sur terre, c’était il y a 3 à 5 millions d’années, les températures moyennes étaient alors supérieures de 2 à 3 degrés et le niveau de la mer supérieur de 10 à 20 mètres selon les endroits. Et il n’y avait pas 7,8 milliards d’êtres humains » (Prof Taalas)

Espérer ou désespérer?

Pas de panique, il est encore trop tôt pour réserver votre aller-simple en première classe pour Mars. Même si la fenêtre d’action se réduit, le GIEC pronostique qu’en arrêtant les émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici 2050 on peut encore réaliser l’objectif d’un réchauffement inférieur à 1,5° d’ici la fin du siècle. Aux participants de la COP 26 prennent des engagements fermes et courageux!

« La différence entre (un réchauffement de) 2° et(de) 4° c’est la civilisation » a écrit prophétiquement James Hansen. Nous devons aux générations futures de nous battre pour préserver leur environnement et leur civilisation.

Si vous voulez en savoir plus, plutôt que la presse généraliste, n’hésitez pas à consulter les excellents articles parus dans The Conversation!

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